Coin d'interrogations

Ici, en vrac, sans chichi ni fioriture, les questions que l'on m'a posées ou que je me suis posées depuis le cancer et moi. Mais ATTÔTION, J'AI PAS RÉPONSE À TOUT : je vis des situations alambiquées, je les vis mal, puis je m'y fais, puis je vis bien, puis mal à nouveau... Bref, je suis comme toi et je ne prétends pas avoir la solution (quelle prétention...). Juste ma solution, imparfaite, incomplète, mais la mienne qui, au moment où je l'ai tentée, s'est avérée pas trop bancale. Mais tu en fais ce que tu veux hein ? Tu la prends, tu t'en inspires, tu l'adaptes, tu l'ignores... Ça, ça te regarde.

 

Et si tu as une question sur le bout de la langue

et que ça te dit de me la dire, ben... dis la moi ici ;)

 

 

Comment manoeuvrer avec les banques pour emprunter sans se faire dépouiller ?

Ben je te cache pas que la fenêtre de tir est très très… étroite. C’est même de la  meurtrière de minus. Mais il y a moyen… À condition d’avoir les moyens :( M’enfin je t’en parle : ça a le mérite d’exister et je viens d’en découvrir l’ existence :).

 

Plutôt que d’emprunter en remplissant les poches des assurances (ce que j’ai fait pour la maison de « la vie d’avant »), tu empruntes en nantissement. Concrètement : tu avances le capital à emprunter, ce montant est bloqué en garantie, placé par ta banque pendant toute la durée du remboursement du prêt (généralement, c’est de l’assurance vie en monétaire, le genre pépère à 2% à l’heure où je t’écris). A la fin du prêt, une fois que tu as tout remboursé, le capital t’est restitué avec ce qu’il a rapporté. Il a donc un peu gonflé.

 

Maintenant, je suis sûre que tu te dis « mais ça sert à quoi, grosse maline, d’emprunter l’argent que tu as déjà et de te le faire confisquer pendant 10, 15 ou 20 ans en prime ?! ».

 

Ben ça sert à s’endetter, enfin, et à payer un chouya moins d’impôts sur le revenu.

Ça sert à refuser l’assurance puisque la banque te prête sans risque aucun ! Du coup, t’as des taux d’intérêt hyper intéressants, inférieurs à 1% en ce moment.

Ça sert à acheter un truc en dur, que rien ni personne de t’enlèvera au bout de 15 ans. Après 15 ans, tu récupères en prime la somme que tu as avancée et qui a fructifié un brin, en tous cas plus que ce que t’a coûté l’emprunt. Si on reprend nos 2% de tout à l’heure pour l’assurance vie tranquille, non seulement ton emprunt ne t’a rien coûté, mais l’opération t’a fait gagner un appartement et un peu de capital en plus sur l’argent bloqué.

 

Voilà.


J’ajoute que le nantissement, faut pas le confondre avec le prêt in fine. Le prêt in fine, il a l’air alléchant comme ça parce que pendant toute la durée de l’emprunt, tu rembourses 3 fois rien (juste les intérêts d’emprunt) et qu’à la fin, la banque se paie avec le capital immobilisé. Sauf que... Les intérêts d’emprunt que tu rembourses chaque mois, ils sont calculés sur le montant total emprunté. Pas sur le capital restant dû si tu rembourses au fur et à mesure comme pour le nantissement. In fine du coup, tu le paies bien plus cher ton emprunt. Tu paies même les intérêts 2 fois.

 

Et voilà encore.

 

Comment tu fais pour vivre avec le cancer et les métastases ?

Eh ben je fais comme je peux !
Des fois je peux bien. Des fois je peux pas. Mais je peux de mieux en mieux :)

 

Parce que le temps qui passe, les années accumulées derrière soi avec les métastases, donnent des ailes. Parce que les exemples que l'on a devant soi, ces femmes plus avancées dans le parcours du cancer et qui tiennent bon la barre, donnent des ailes.

Chacun s'accroche à ce qu'il a et ce qui lui fait du bien.

Moi, je me rends compte que je m'accroche aux petits pas grand-choses du présent et aux grandes envies du futur ! J'explique : je suis farcie de projets ! Je continue de me projeter dans les prochaines vacances, les voyages que j'aimerais faire, les pays que je voudrais découvrir avec mes hommes petits et grand, les travaux à démarrer au printemps dans la maison et les années suivantes... Le cancer ne m'interdit aucun rêve pour demain. À côté de ça, aujourd'hui, j'essaie de savourer le détail. La Ricoré brûlante du matin dans mon mug préféré, la découverte des doux mots de mon homme-aimé et les doux mots que je lui envoie à mon tour, le plaisir anticipé d'un bon bouquin dont j'ai hâte de reprendre la lecture, les doigts satinés du tout petit homme dans les miens quand je prends sa main dans la voiture après l'école, l'odeur moite de son grand frère lorsque je le bisouille douillettement  pour le réveiller, le vent salé qui soulève les cheveux sur la jetée, le ventre offert du chien chocolat sur le dos les 4 pattes en l'air... Il y en a des masses de moments comme ceux là dans une journée. Je passe encore parfois à côté : je fonce, je suis un buldozer pas toujours facile à manoeuvrer. Je suis le genre à faire 3 choses en même temps et à me demander si je peux pas en attaquer une quatrième. Mais le cancer m'a soignée : je sais mieux mettre la vie en pause, dès qu'un petit moment bon se trouve là devant moi. Voilà comment je vis avec le cancer et les métastases. En leur laissant le moins de place possible au fond. Le strict minimum : les examens, les consultations, les cogitations qui les encadrent et c'est déjà beaucoup.

 

A la prochaine fois ici,

dans le coin d'interrogations !

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